La loi sur l'hypnose "n'est plus adaptée" et devrait changer

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 La Belgique est en train de faire un grand pas pour la reconnaissance de l'hypnose dans le domaine médical ("une formation approfondie des professionnels de la santé en matière d'hypnose, la promotion de la recherche sur l'hypnose"), et en même temps, de chasser les marchands du temple.

La loi sur l'application de l'hypnose dans les soins de santé, qui date du 30 mai 1892, "n'est plus adaptée à la diversification professionnelle actuelle nécessaire pour des soins de santé de qualité, et doit donc être actualisée", indique le Conseil supérieur de la santé (CSS) dans un récent avis, qu'il publie vendredi 25 Septembre 2020.

Le grand public n'est pas non plus suffisamment ni correctement informé à ce sujet, estime l'instance. "L'hypnose est une potentialité innée, un talent que chacun de nous possède", souligne le CSS. "Sous hypnose, notre pensée critique diminue (jugement, analyse et raisonnement diminuent) et on devient très suggestible. Notre rapport à nous-mêmes change, ainsi que celui à notre environnement."

Même si les preuves "solides" de son efficacité sont difficiles à présenter, "il a été suffisamment démontré (en particulier pour le soulagement des douleurs, de la dépression, de l'anxiété) que l'utilisation de l'hypnose peut faciliter ou renforcer l'effet de nombreuses formes d'interventions thérapeutiques et qu'elle est efficace dans la gestion de la douleur aiguë et chronique", pointe le CSS. Pour d'autres indications, son efficacité reste limitée "car des problèmes méthodologiques et de faiblesse statistique se rencontrent dans de nombreuses publications scientifiques".

L'hypnose, en combinaison au traitement habituel, peut souvent améliorer l'efficacité de celui-ci. Mais cela implique "un diagnostic correct, et une application adaptée des techniques hypnotiques dans la situation spécifique avec une réévaluation de l'évolution de la situation clinique", plaide le Conseil supérieur de la santé. C'est pourquoi des objectifs concrets doivent être définis, en consultation avec le patient et en prenant en compte toutes les options de traitement.

Dans ses recommandations, l'organe d'avis scientifique propose de mieux encadrer cette pratique, en déterminant notamment "des exigences et des conditions de formation des soignants" souhaitant l'utiliser.

Il faut également que le public connaisse les effets secondaires et risques de cette pratique (manipulation psychologique, installation de faux souvenirs, par exemple). La prudence doit donc être de mise entre autres "lors d'un traitement de problèmes de santé chronique ou dans un contexte psychothérapeutique".

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